Confucius et la responsabilité des gouvernants dans l’obéissance des gouvernés

Fious & Beau, "Fin tragique de Louis XVI", vers 1798

En ces temps où le lexique martial a pris de l’importance dans le discours d’un gouvernement ayant de plus en plus de mal à maquiller ses inaptitudes conjoncturelles à la prévention et ses erreurs structurelles à dénuder l’hôpital public ; en ces temps où l’Ordre se durcit et, après avoir conspué verbalement ses citoyens récalcitrants aux gestes barrières, cherche à renforcer son arsenal coercitif pour punir ceux-là et surveiller tous ; en ces temps de Drôle de guerre où la population civile est appelée à se calfeutrer derrière sa petite Ligne Maginot personnelle tandis que d’autres se battent pour elle, nous pensons qu’un séjour par la Chine antique pourrait nous offrir un peu de perspective. Face au désordre, aux incivilités, à la décadence et à l’anomie, Confucius n’accablait pas les gouvernés ; il s’en retournait vers ceux que l’on nomme aujourd’hui les responsables (un terme dont la richesse polysémique pourrait être redécouverte sous peu).

Chapitre XIII :

Point 4 (extrait) :
Le Maître dit : « […] Quand ses maîtres cultivent les rites, le peuple n’ose pas ne pas être respectueux. Quand ses maîtres cultivent la justice, le peuple n’ose pas ne pas obéir. Quand ses maîtres cultivent la bonne foi, le peuple n’ose pas ne pas dire la vérité. Vers de tels maîtres, les gens affluent de toutes parts en portant leurs gosses sur le dos. »

Point 30 :
Le Maître dit : « Envoyer à la guerre un peuple qu’on a pas instruit, c’est l’envoyer à sa perte. »

Les Entretiens de Confucius(Vè siècle avant Jésus-Christ)
Traduit par Pierre Ryckmans

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Rédigé par
Cédric Vallet
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