Jeux floraux, I

Vincent van Gogh, "La nuit étoilée (sur le Rhône)", 1888

Encore ivre de l’automne pyrénéen,
Je suis rentré à la ville,
À ses pavés, à ses briques,
Par le sas de sa nuit électrique.

Ses lueurs blanches tranchaient
Avec le soir, le soir absolu,
Qui, du piémont aux portes de la ville,
A enveloppé montagnes et plaines.
Et je revois dans l’équilibre
Des briquettes coiffées d’éclairages
Une réminiscence de la neige
Recouvrant les géants de roche
Et leurs feuilles enflammées.

Et je m’éveille aux abords de la Garonne,
Je me relève de ce monde que la nuit neutralise,
Où les reliefs s’unissent en un même tout,
Où les différents éléments s’indistinguent,
Pour redécouvrir les espoirs du soleil
De célébrer des noces dans la douceur
Des retrouvailles d’amours lointaines.

Et, par les rues vides,
Dans mon cœur plein,
Sous mon front ensommeillé
Et d’une union en ce corps urbain
De l’architecture languedocienne
Aux paysages de la Gascogne,
La nuit amie m’a soufflé
En un vieil hymne médiéval
Une illusion de printemps.

Encore ivre
Des colorations automnales,
De la montagne blanche
Et des collines orangées,
Je suis rentré à la ville,
Me frottant à ses pavés,
M’étirant entre ses briques,
Dans les reflets de sa nuit
Électrique.

28 novembre

Partager
Rédigé par
Cédric Vallet
Voir tous ses articles
Laisser un comentaire

Rédigé par Cédric Vallet

Restons en contact :

Newsletter

Ne ratez rien de nos actualités en vous inscrivant à notre lettre d'information.