Jeux floraux, II

Francis Bacon, "Trois études pour un autoportrait", 1981

Quel est donc ce froid,
Cette douleur qui m’exaspère,
Cette tâche troublante
Qui mue ma nuit en insomnie ?

Quelle est donc cette nausée,
Ce malaise oppressant mon esprit,
Brûlant mes viscères étourdis,
M’entraînant dans l’infini de son gouffre ?

Quel est donc cet hiver omnipotent,
Cette nuit qui ne daigne se taire,
Et, m’enchaînant à la buée de ma bouche,
M’entraîne dans les tréfonds de mes doutes ?

Quelle est donc cette musique,
Ce bruit blanc macabre et distinct
Qui résonne sur le bitume de la ville
Comme il frappe mon cœur résigné ?

C’est l’écho de mes pas sur le Faubourg Bonnefoy,
C’est le poids de mes souvenirs endeuillés,
C’est la honte et les meurtrissures enterrées,
C’est le spectre de la solitude qui revient me glacer ;

Quel est donc cet air mineur,
Ce Spleen, ce Blues, cet aveu
De mes impuissances et limitations ?…
C’est l’écho de mes pas sur le Faubourg Bonnefoy…

30 novembre 2019

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Rédigé par
Cédric Vallet
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