Jeux floraux, IX

Yves Klein, "Ant. 82, Anthropométrie de l’époque bleue", 1960

Il y’a une clarté.
Elle déchire le ciel
D’un bleu subtil
Jusque sur les berges
Désolées, emmurées
Dans le noir de la boue
Que la Garonne laissa
En levant sa crue,
En retournant à son lit.

Il y’a une pureté.
Elle se répand dans l’air
Comme une nuée d’oiseaux
Que l’hibernation n’enchaîneraient pas
Aux migrations saisonnières,
À l’ivresse des voyages incertains
Et qui se contenteraient
Du battement de leurs ailes
Pour exhiber leur liberté.

Il y’a une paix.
Elle suit les eaux fluviales,
S’y vêt d’un grand azur.
Elle impose sa profondeur
Chromatique, cosmogonique
À la surface des flots
Et je perçois très nettement
Depuis le Pont des Catalans
Comment, dans sa course à l’océan,
La Garonne se laisse maquiller
Par les inspirations du courant
Qui dessine à sa surface
De fines traces marines
Pareilles à des racines.

28 janvier 2020

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Rédigé par
Cédric Vallet
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