Jeux floraux, VIII

Yashima Gakutei, "Quatre Amis de la Calligraphie : Fujiwara no Teika" (détail), 1830

Ombre et lumière
s’affrontent sur mon être.
— Un clair-obscur.

Plaça de Sant Pèire

L’après-midi est froid
Mais la volonté du soleil
Suffit à tresser l’illusion
Qu’une radieuse douceur
Embrasse la ville.

Je lis, je marche ;
Le long de la Garonne,
Je suis le cycle des saisons
Des haïkus et pops de Kerouac :
Je nais dans le printemps
au Quai de la Daurade,
Je rayonne de folie estivale

sur la Place Saint-Pierre,
Je ressens une alerte automnale,
La chute amorcée du jour,
sur la Place Roguet
Et mes pas s’éteignent
Dans le triomphe de l’hiver
au Quai de Tounis.

J’ai marché, j’ai lu,
J’ai tenté de me fondre
Dans les voies qui m’accueillaient,
Dans leurs pierres et leurs bois,
Dans le vent qui faisait tinter
Les feuilles et les branches.

J’ai marché, j’ai lu,
J’ai rêvé de ne rien offenser,
De me réduire jusqu’à m’illusionner
Que je devenais moi-même un haïku…

Le temps d’une après-midi,
Une année a feint de s’écouler.
Une année de contemplation,
De désolation illuminée,
De solitude bavarde,
De sempiternelles disparitions
Et d’éternelles renaissances ;

Une année de Garonne et de soleil,
Quatre saisons d’ombres projetées ;
Une année de plus aspirée par des pas
Effacés par les vagues lointaines des torrents,
Perdus dans la régénérescence de la vie,
Du jour, de la nuit et des saisons.

Rentrons maintenant.
Le froid règne depuis que
le soleil a chu.

Plaça Olivièr

19 janvier  2020

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Rédigé par
Cédric Vallet
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