Jeux floraux, XI

Claude Monet, "Saint-Georges-Majeur au crépuscule", 1908-1912

Passant
entre les grilles
de fumée blanche
que tisse
le vol
des avions,
le soleil s’entoure d’un halo jaune
qui tombe dans le loin de l’horizon.

La rive gauche habite le contre-jour
Auquel l’Occident est soumis à cette heure.
Toutes ses constructions se retrouvent à égalité,
Réduites à la même absence de profondeur
Qui caractérise les ombres.

Je regarde le couchant
Derrière la vitre, caché
Dans l’axe de la croix
Qui consolide la fenêtre.
L’éclat mourant y révèle
Les saletés, les poussières ;
Il dévoile l’imperfection
De la texture qui le filtre
Comme il efface outre-Garonne
Ce qui distingue le patrimoine
De l’architecture utilitaire.

Il répand l’absolue vérité,
La beauté incontestable
D’une lumière chancelante
Faisant œuvre de contraste
Sur la brique et le bois,
À la surface de l’eau
Et dans le cœur de l’air.
S’associant à la pureté du ciel,
Il fait apparaître les Pyrénées
Dont les sommets jaillissent des entrailles fluviales
En une minéralisation des sources montagnardes et d’un feu solaire.

La chaleur de ses rayons faiblit,
Sa course verticale touche à sa fin.
Quand un véhicule traverse son champ de projection,
Tout le froid du soir et de l’hiver se ressent ;
Mais, dans sa chute docile,
Se joue la même joie moribonde
Qui consacre les automnes
Et sème les graines d’une renaissance.

Il m’est alors impossible de ne pas voir
Dans sa lueur qui s’amenuise
L’effervescence épuisée
D’un feu d’artifice silencieux.

5 février 2020

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Rédigé par
Cédric Vallet
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