Jeux floraux, XVII

Ogata Gekkō, "Geai", date inconnue

(長歌)

Réminiscences
À l’écume incertaine ;

La bière d’hier
Parfumée d’hibiscus,

La pluie d’orage
Émissaire céleste

Étreignant les rues
Éteignant l’après-midi

Et l’exemplaire
De ce roman japonais

(Tristesse et beauté)
Reposant sur la table.

J’ouvre le livre
Dans un rayon solaire

Et j’accompagne
Les élans et les passions

D’art et d’amour,
Les visions et les peines,

Les esthétiques
Du beau (abstrait, figuré

Ou éphémère)
Dont les charmes s’estompent.

Au gré des pages,
Parmi les caractères,

L’encre et le papier,
S’incarne la poésie :

Trois fins pétales
Éclosent de la tranche,

Réapparaissent
Tout au long de ce roman.

Subtil et curieux
Ce legs s’accorde au livre,

Épouse son ton
D’éther contemplatif.

Printemps tardif
Semblent évoquer les fleurs,

Chants atténués
Méditations, peinture,

Râles d’amoureux
Et cérémonie du thé

Se colorisent
À l’ombre des feuillages,

Dans le silence
Des pétales abandonnés

Comme des ailes
De papillons bigarrés.

Charme shibui,
Charme d’un monde apaisé

Et Kawabata
Peut ainsi s’enrichir

De la troublante
Et fascinante beauté

D’idéogrammes
Simples, fébriles, ardents,
Qui fleurissent les pages.

17-18 juin 2020

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Rédigé par
Cédric Vallet
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