Jeux floraux, XX

Georges Michel, "L'orage sur la vallée de la Seine", vers 1820-1830

Une écume électrique a imposé ses flashs
À la profondeur du ciel, couleur d’océan.
Par deux fois, ses nuées implacables
Ont martelé la torpeur de la nuit estivale
Du silence de la plus absolue des menaces.

Personne n’y a porté attention
Personne n’a entendu l’ultimatum.

Le tonnerre est apparu en même temps que les gouttes
Épaisses, fraîches, tranchantes comme des lames
Et tout le monde s’est trouvé un abris de fortune
Pour ne pas être transpercé de cette respiration.

Moi, j’ai laissé l’averse me tremper,
Laver ma peau des effets diurnes
De la fournaise embrasant la ville ;
J’ai offert mon corps à la rédemption
De ce Baptême pleurant le solstice
En m’enivrant de l’odeur du sol arrosé.

« Pétrichor » s’exclama un ami…
« Au contact des gouttes de pluie,
Ce liquide végétal propage dans l’air
Ce parfum qui nous plaît tant. »
Pétrichor…
Ou l’image de pierres olympiennes
Arrosées du sang des Dieux grecs
Et permettant à la flore de briser
La stérilité des longue sècheresses.
Pétrichor…
Ou l’arôme même du soulagement
Quand l’orage contrevient
À l’empire de la canicule
En forçant un adoucissement.

Trempé, dansant à moitié sur la chaussée
J’ai laissé ma sueur rincée se mêler
À l’eau de la pluie, aux caprices nébuleux
Et au sang des dieux s’écoulant sur le sol
Que le paysage urbain aura avalé en un rien.

27 & 30 juillet 2020

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Rédigé par
Cédric Vallet
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